African Development Bank Group (AfDB)
  • Contenu multimédia

  • Images (8)
    • Skhulile Phelitia Malibe, une agricultrice rurale déterminée du Mpumalanga, laisse son champ de choux prospère parler de lui-même. Diplômée du programme de développement agricole, elle est à la fois une source d’inspiration et une preuve vivante de ce que les femmes peuvent accomplir dans le domaine de l’agriculture
    • Gracious Masuku, une agricultrice du Mpumalanga, fait partie des 25 femmes qui ont réussi à briser les obstacles du marché et à se forger un avenir plus solide dans l’agriculture (1)
    • Gracious Masuku, une agricultrice du Mpumalanga, fait partie des 25 femmes qui ont réussi à briser les obstacles du marché et à se forger un avenir plus solide dans l’agriculture (2)
    • 25 femmes ont suivi avec succès un programme agricole financé par le Groupe de la Banque africaine de développement, les Fonds d’investissement climatiques et Absa Bank, mis en œuvre par UVU Africa dans la province sud-africaine du Mpumalanga
    • Simangele Mantoa Makutu, jeune entrepreneure et agricultrice dynamique originaire de Bushbuckridge, dans la province du Mpumalanga, exhibe fièrement les certificats qui jalonnent son parcours en pleine croissance dans les domaines de l’agriculture et des affaires
    • Smangele Makutu (à l’extrême droite) dans sa ferme de Bushbuckridge, au Mpumalanga
    • Smangele Makutu présente ses pommes de terre fraîchement récoltées dans sa ferme de Bushbuckridge, au Mpumalanga
    • Gracious Masuku, une agricultrice du Mpumalanga, fait partie des 25 femmes qui ont réussi à briser les obstacles du marché et à se forger un avenir plus solide dans l’agriculture (3)
  • Tout (8)
Source: African Development Bank Group (AfDB) |

Dans les champs du Mpumalanga, en Afrique du Sud, une révolution tranquille est en cours, et ce sont les agricultrices qui la mènent

25 agricultrices de la province sud-africaine du Mpumalanga approvisionnent aujourd’hui la grande distribution, des programmes d’alimentation scolaire et des gîtes locaux

Grâce au projet SAJJOF, les agricultrices du Mpumalanga peuvent désormais accéder à ce marché haut de gamme, approvisionner directement des gîtes de luxe et transformer l’agricultu

ABIDJAN, Côte d'Ivoire, 17 mars 2026/APO Group/ --

Autrefois exclues des marchés formels en raison de leur manque de formation, de maîtrise des technologies et de littératie financière, 25 agricultrices de la province sud-africaine du Mpumalanga approvisionnent aujourd’hui la grande distribution, des programmes d’alimentation scolaire et des gîtes locaux, preuve du pouvoir transformateur d’investissements ciblés en faveur des femmes en milieu rural.

Dans une ferme du village de Marite, Skhulile Malibe parcourt des rangées de légumes florissants. Il n’y a pas si longtemps, elle n’avait aucun moyen de savoir si son exploitation était rentable. « Avant de rejoindre le programme, j’étais incapable de dire, à la fin de la journée, si j’avais gagné de l’argent ou non », se souvient-elle. Aujourd’hui, elle enregistre méticuleusement chaque transaction, suit les récoltes et a augmenté son effectif, qui comptait à l’origine trois employés. Elle est en passe de devenir une véritable exploitation agricole commerciale.

Sa voisine et camarade de promotion, Kolile Malibe, partage une expérience similaire. « Cela m’a ouvert l’esprit. Aujourd’hui, je suis devenue agricultrice commerciale et le nombre de mes employés s’accroît de jour en jour », se réjouit-elle.

Ces succès ne sont pas des percées isolées. Ils s’inscrivent dans le cadre d’une initiative agricole axée sur les femmes, financée par la Banque africaine de développement, le Fonds d’investissement pour le climat et Absa Bank, et mise en œuvre par UVU Africa. Ce programme opère dans le cadre du South Africa Just Energy Transition Jobs First Project : Gender and Social Inclusion (SAJJOF) (https://apo-opa.co/4seWWRs), piloté par la Mpumalanga Green Cluster Agency. Il a discrètement redéfini le champ des possibles pour les agricultrices rurales dans l’une des provinces d’Afrique du Sud les plus vulnérables économiquement.

Briser les obstacles, construire des marchés

Lancée sous la forme d’un programme pilote à Bushbuckridge, l’initiative s’est attaquée aux obstacles structurels qui ont longtemps tenu les femmes rurales à la marge de l’économie agricole sud-africaine : un accès limité à la formation, aux débouchés commerciaux, à la technologie, ainsi qu’un faible niveau de littératie financière. Chacune des 25 participantes a reçu une formation complète en agriculture et en gestion d’entreprise, un mentorat individuel et une tablette équipée d’outils numériques pour gérer les opérations, suivre les dépenses et accéder aux prévisions météorologiques en temps réel.

La formation financière a changé la vie de Gracious Masuku, du village de Belfast Trust. « Mes finances étaient mal tenues. Aujourd’hui, je suis capable d’enregistrer mes flux financiers moi-même et de maintenir un bon flux de trésorerie. Je suis en train de mettre en place un système qui fonctionnera longtemps après ma disparition, afin que quelqu’un d’autre puisse continuer à l’utiliser », explique-t-elle.

Lara Rosmarin, Cluster Catalyst à UVU Africa, affirme que le programme a dépassé les attentes. « Plus de 90 % des diplômées approvisionnent désormais des enseignes de la grande distribution, des agri-hubs, des programmes d’alimentation scolaire et des gîtes locaux, créant ainsi 66 nouveaux emplois grâce à des entreprises agricoles durables. Ce programme démontre que des formations sur mesure, un mentorat et des outils numériques peuvent permettre aux agricultrices rurales d’entrer dans les chaînes d’approvisionnement formelles et de prospérer », déclare-t-elle.

L’impact s’étend jusqu’au secteur du tourisme safari d’Afrique du Sud, qui pèse un milliard de dollars. « L’économie touristique safari du Grand Kruger, qui accueille près de deux millions de visiteurs chaque année et fait vivre des centaines de gîtes de luxe, représente un marché hôtelier estimé à plus d’un milliard de dollars par an, créant ainsi un débouché important pour les agriculteurs locaux qui peuvent fournir des produits frais haut de gamme. Grâce au projet SAJJOF, les agricultrices du Mpumalanga peuvent désormais accéder à ce marché haut de gamme, approvisionner directement des gîtes de luxe et transformer l’agriculture locale en une opportunité économique inclusive », explique Nawsheen Elaheebocus, cheffe de projet pour le SAJJOF au Groupe de la Banque africaine de développement, expique.

L’exemple le plus frappant est probablement celui de Smangele Makutu, qui a vécu cinq ans dans la rue avant d’obtenir un contrat de quinze ans pour cultiver les terres de son ancien lycée. Ses produits sont désormais vendus dans les supermarchés locaux et contribuent directement à la formation agricole des élèves actuels, une histoire en forme de boucle bouclée, alliant réhabilitation et vocation.

Les résultats du programme sont mesurables : tous les participants ont fait état d’une amélioration de l’aménagement de leurs exploitations et d’une augmentation des rendements, 92 % d’entre eux se sont lancés dans la diversification des cultures, 77 % des diplômés ont sollicité des financements ou des investissements, et 66 nouveaux emplois ont été créés grâce à des entreprises agricoles durables. Cinq groupements régionaux d’agriculteurs permettent désormais un accès collectif au marché et un soutien entre pairs.

Passage à l’échelle supérieure

Forts du succès remporté par le projet pilote, les partenaires prévoient d’étendre l’initiative à d’autres sites dans la province du Mpumalanga, renforçant les liens avec le marché, élargissant l’accès au financement et développant des programmes de littératie numérique. Les phases futures introduiront des technologies agricoles modernes, la transformation des récoltes en produits à valeur ajoutée et des pôles de collaboration locaux pour favoriser l’innovation.

« De nombreux agriculteurs de cette région ont opéré dans un environnement de survie, et non de prospérité, pendant des générations. Ce projet pilote prouve qu’avec les systèmes de soutien adéquats, la voie vers la sortie de la pauvreté intergénérationnelle devient tangible et mesurable. Avec les bons collaborateurs et partenaires, il constitue la prochaine étape dans la construction d’un écosystème agricole plus compétitif, résilient et tourné vers l’avenir, un écosystème qui ouvre de véritables perspectives économiques pour les communautés rurales du Mpumalanga », souligne Dheepak Maharajh, PDG d’UVU Bio.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la transition énergétique juste de l’Afrique du Sud, un effort national visant à garantir que l’abandon de l’énergie dépendante du charbon profite à toutes les communautés.

Pour le chef de la Division du développement humain du Groupe de la Banque africaine de développement, Babatunde Omilola, « cette initiative est cruciale pour une transition énergétique juste en Afrique du Sud, favorisant la création d’emplois, l’égalité des genres, l’inclusion sociale, et veillant à ce que tout le monde bénéficie de l’économie verte, en particulier au Mpumalanga. »

Dans les champs du Mpumalanga, la nouvelle génération d’agricultrices ne se contente pas de survivre. Elles bâtissent.

Distribué par APO Group pour African Development Bank Group (AfDB).